Stranger Things

Une série des frères Duffer

Note : 4/5

Grandement inspirée par l’étrange et le paranormal de Carpenter et Spielberg, la nouvelle série estivale estampillée Netflix et signée par les frères Duffer ne brille pas tant par son originalité que par sa maîtrise des codes esthétiques et dramaturgiques du genre.

© Netflix - Stranger Things 1

© Netflix

Il faut dire que cette histoire d’un enfant, Will, qui disparaît, et de ses amis partis sur ses traces avec Eleven, une jeune télékinésiste échappée d’un laboratoire dans lequel elle était victime d’expérimentations, rappelle les films de ses ainés. Et beaucoup d’éléments sont directement inspirés, de manière assumée, des grandes références américaines des années 80. Impossible, par exemple de ne pas penser à Eliott donnant refuge à E.T. secrètement lorsque l’un des amis du disparu, Mike, décide de loger Eleven cachée dans une « cabane » aménagée dans sa cave.

Néanmoins il faut reconnaître un certain talent d’écriture et de mise en scène aux frères Duffer qui réussissent à faire de ce piège référentiel une belle saison qui parvient à faire résonner la nostalgie sans donner l’impression d’un fac-similé du genre. On arrive encore à s’émouvoir d’une histoire de gamins ordinaires d’une petite ville des Etats-Unis confrontés à une situation extraordinaire sans être obnubilé par les références et en les oubliant petit à petit.

Car la série est de facture exceptionnelle, portée par une bande originale électro puissante, et réussit cet exploit de créer la douce nostalgie nécessaire à ce genre d’entreprise. Et ce car il s’agit ici d’embrasser clairement cette époque, le récit se déroulant dans les années 80, de faire une œuvre qui prenne ce sujet là humblement face aux grands maîtres, suivant leur voie mais rappelant magnifiquement à quel point ces portraits de l’enfance sont extraordinaires. Car il s’agit clairement de donner une dimension ordinaire à des héros extraordinaires.

© Netflix - stranger things 2

© Netflix

Si, malheureusement, dans certains films du genre (on pense à la même entreprise artistique qu’était Super 8 de J.J. Abrams) les enfants héros ont tendance à perdre leur innocence, Stranger Things s’en sort adroitement en mettant en scène non seulement l’irruption du paranormal dans l’ordinaire, mais aussi celle des conflits ordinaires (la relation de la bande de héros geeks face aux gros bras de l’école) dans le paranormal. Il ne s’agit pas tant pour ces pré-ados d’entrer dans l’âge adulte à la faveur des épreuves rencontrées, que de se battre pour garder leur innocence. Et c’est aussi cela qui fait de Stranger Things une série qui, au-delà de manier parfaitement les codes du genre, tisse un récit très émouvant, et parfois même déchirant.

Si l’enfance est bien traitée, le monde des adultes et des adolescents n’est pas en reste. Et les frères Duffer mettent un point d’honneur à traiter aussi du passage à l’âge adulte, de l’apprentissage des responsabilités par les frères et sœurs des protagonistes enfants du récit, et tissent aussi un portrait ambigu des adultes qui les entourent. Tantôt adjuvant, tantôt opposant, l’adulte n’est pas seulement le protecteur de l’enfance mais aussi celui qui la met en danger. Et, finalement, les frères Duffer mettent en place une fiction intéressante car traitant aussi des rapports affectifs et conflictuels entre les différents âges de la vie.

© Netflix - stranger things 3

© Netflix

Portée par des acteurs passionnants, par une Winona Ryder de retour au sommet mais surtout par la révélation Millie Bobby Brown (Eleven) exceptionnelle, Stranger Things n’est pas qu’une série qui a la saveur suave de la nostalgie, elle a aussi la fraîcheur d’une production contemporaine et révélatrice de talents.

Simon Bracquemart

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Publié dans SÉRIES, Uncategorized

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