Hippocrate, de Thomas Lilti

Note : 3/5

Le parcours de Thomas Lilti peut surprendre : tout en exerçant dans l’audiovisuel comme scénariste et réalisateur, il mène une carrière parallèle en médecine. Ce n’est donc pas un hasard si son troisième long métrage traite du milieu hospitalier. Sans entrer dans un récit autobiographique, le réalisateur se replonge dans ses stages d’interne en hommage à d’anciens collègues et pour ramener au cinéma les récits médicaux. 

© Le Pacte

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Les impressions de Benjamin, jeune interne effectuant son premier stage professionnel, sont teintées des sentiments du médecin-réalisateur à la sortie de ses études. Nous découvrons avec lui la réalité d’un hôpital parisien et le plongeon dans un monde de responsabilités, de doutes et d’angoisses. Ce personnage permet à Thomas Lilti de nous présenter un aperçu de chaque secteur de l’hôpital, du réfectoire des internes au bureau du chef de service en passant par la chambre de garde, les chambres des patients, le bureau des infirmières, mais aussi la laverie et l’incinérateur des déchets… Mais surtout de nous présenter les centaines de personnes qui y travaillent chaque jour et font tourner cette ville dans la cité. 

Pourtant c’est en premier lieu autour du personnage d’Abdel que le réalisateur-scénariste comptait construire son récit. Il représente les médecins étrangers travaillant comme internes en France pour obtenir la reconnaissance de leurs études. Thomas Lilti souhaitait ainsi rendre hommage à ces médecins expérimentés qui ont ponctués sa carrière médicale. 

Son film s’attache donc à la collaboration des deux internes et de la relation fraternelle qui se construit au fil des patients et des aléas du service. 

© Le Pacte

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A travers les nombreux personnages et les péripéties en enfilade, Hippocrate souhaite transcrire la réalité des hôpitaux français. A l’heure des séries hospitalières à succès, Thomas Lilti a voulu pointer leur détachement des conditions véritables de travail des médecins et des infirmiers, et d’accueil des malades. Sans faire de son scénario une tribune politique, c’est aussi par le traitement des décors et de la lumière que le réalisateur a cherché à reproduire ces conditions et les différentes ambiances qui constituent nos hôpitaux. 

Ici, pas de Dr House ni d’amourette entre collègues, mais les attendus problèmes quotidiens ; ceux auxquels chacun peut être confronté. Des problèmes de vrais gens et nos réactions de la vraie vie. De quoi rapprocher cet univers du cinéma français qui semblait l’avoir un peu oublié. 

Marianne Knecht

Film en salles depuis le 3 septembre 2014

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Publié dans À L'AFFICHE, Septembre 2014

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