Party Girl, de Marie Amachoukeli, Claire Burger et Samuel Theis

Note : 4/5 

L’été n’arrête pas de nous livrer de très bons premiers films, et l’année n’a cessé de nous présenter la Fémis comme une machine à talents au fil des sorties cinéma. Party Girl ne déroge pas à ces règles et brille d’autant qu’il a été récompensé de la caméra d’or cannoise par Nicole Garcia. Ce prix, rappelons-le, désigne le meilleur premier film parmi toutes les sélections du festival. Une carrière débute pour ces trois réalisateurs et réalisatrices audacieux.

Cette direction à trois têtes a choisi de mettre en scène un événement autobiographique de l’un d’entre eux : le mariage de sa mère à soixante ans après une longue carrière dans les cabarets. Un changement radical de vie, la remise en question de tous les fondamentaux d’un personnage.

Ensemble ils reprennent les faits et en tirent une structure scénarisée entre réalité et fiction. Les personnages du film sont les personnes de cette histoire, avec leurs véritables sentiments et leur expérience de la vie de cette party girl. 

© Pyramide Distribution

© Pyramide Distribution

Pour Samuel Theis ils rejouent leur vie mais la caméra n’adopte pas le langage documentaire. Sans cette connaissance de la genèse du projet, le film est perçu comme une fiction très réaliste, émouvante par la justesse des sentiments présentés. 

Dans ce destin qui bascule pour le meilleur ou pour le pire, nous prenons place parmi cette famille. Le co-réalisateur et co-scénariste nous offre sa place pour vivre près de cette femme et de son passé atypique. Angélique, papillon de nuit ayant toujours connu les spots, les strings et les paillettes des cabarets abandonne subitement ce monde pour reprendre son rôle de mère et de grand-mère en main. Dans cette nouvelle vie de couple, Angélique est prise de doutes et d’angoisses, loin de toutes ses certitudes.

© Pyramide Distribution

© Pyramide Distribution

Le scénario tel qu’il est construit laisse la liberté à chacun de s’exprimer avec ses propres mots et sa propre expérience pour ne pas trahir la vérité de cette situation. Le résultat en est bluffant, car malgré leur inexpérience complète devant la caméra ou sur les tournages, chacun des personnages est totalement juste et sincère. 

Cette réussite reflète une triple mise en scène profondément unie et sensible dans un exercice pourtant périlleux et ambitieux. 

Marianne Knecht

Film en salles depuis le 27 août 2014.

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Publié dans Août 2014, À L'AFFICHE
One comment on “Party Girl, de Marie Amachoukeli, Claire Burger et Samuel Theis
  1. Pimprenelle dit :

    Merci pour cette belle critique, synthétique et efficace. J’ai vu le film hier, j’ai été très émue et je me suis ruée sur les Cahiers du CinémaàlaPapa qui n’ont pas apprécié.
    Belle interprétation, mise en scène virtuose malgré tous les écueils qui jonchaient le sol ( 3 réa/ autobio/personnages jouant leur propre rôle)
    Continuez, bientôt, vous serez MA référence critique !
    Pimprenelle

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