Des Chevaux et des Hommes, de Benedikt Erlingsson

Note : 4/5

Des Chevaux et des Hommes rassemble plusieurs saynètes autour des chevaux et de leurs cavaliers. Chaque famille d’un village isolé est ainsi représentée au sein de la communauté principalement axée sur les chevaux islandais. Ces récits fonctionnent comme des portraits de personnages charismatiques. Nous suivons ainsi untel trahi par la fougue de sa majestueuse jument ; untel l’ivrogne de service préoccupé par son ravitaillement en vodka, unetelle la jeune cavalière tentant de se façonner une place dans la communauté très masculine des éleveurs de chevaux, untel fraîchement immigré en Islande s’initiant à l’équitation pour exister aux yeux de la belle cavalière blonde… Des récits tantôt crus, tantôt comiques, tantôt poétiques…

© Bodega Films

© Bodega Films

Comme le précise le titre, les deux espèces sont traitées dans le film sur un pied d’égalité. Les chevaux ne sont alors pas de simples accessoires mais participent pleinement aux récits au même titre que les acteurs humains. Chaque saynète débute d’ailleurs dans le regard d’un cheval sur son cavalier ; un procédé artificiel très stylisé marquant l’ouverture vers un nouveau récit comme la porte d’un conte. Pour marquer davantage l’égalité des protagonistes, ce procédé s’inverse dans un récit où la cavalière observe son étalon. Cela a aussi une vocation narrative car celui qui regarde l’homme ou le cheval s’avancer vers lui sera toujours très impliqué dans les aboutissements du récit.

Ces diverses saynètes offrant autant de points de vue sur les individus de la vallée traduisent également la promiscuité des membres de cette communauté. Le premier récit introduit avec brio cette atmosphère tendue où chacun s’épie et alimente les commérages : le résultat normalisé de l’isolement dans lequel Benedikt Erlingsson avait tiré le sujet de son précédent court métrage. Tout ici est une question de voir et être vu, et ce film peu bavard applique à la perfection le pouvoir des images et du montage à son propos.

© Bodega Films

© Bodega Films

L’esthétique très propre et travaillée des paysages islandais joue en contrepoint du grotesque des scènes et de leur ironie burlesque.

Ce premier film est un vrai bijou de mise en scène, taillé avec finesse dans un matériau brut.

Marianne Knecht

Film en salles depuis le 23 Juillet 2014.

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Publié dans À L'AFFICHE, Juillet 2014

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