Aaron Sorkin en série

Scénariste et producteur américain de 52 ans, Aaron Sorkin est derrière le scénario de films notables comme Des hommes d’honneur (A few good men, 1992, réalisé par Rob Reiner) ou The social network (2010, réalisé par David Fincher).

Je m’intéresse ici au travail sériel de Sorkin : il est le showrunner (auteur, créateur, producteur) des séries À la maison blanche (West Wing), Studio 60 on the sunset strip et dernièrement The Newsroom

À la maison blanche 

Portant sur le quotidien de l’équipe du Président des États-Unis, West Wing est peut-être l’une des meilleures séries politiques jamais créées, servie par Martin Sheen (le Président Josiah Bartlet, démocrate et Prix Nobel d’économie), secondé par John Spencer (Léo McGarry, secrétaire général), lui-même secondé par Bradley Whitford (Joshua Lyman, secrétaire général adjoint). 

Nous retrouvons dans l’équipe de communication Richard Schiff (Toby Ziegler, directeur de la communication), Rob Lowe (Sam Seaborn, directeur adjoint de la communication) et Allison Janney (C.J. Cregg, porte-parole de la Maison Blanche). 

Aaron Sorkin réussit à nous faire aimer la politique américaine sans être pro-américain, grâce au jeu des acteurs, au rythme soutenu et rapide du scénario et au bon travail sur les personnages. 

Entre le Président Bartlet, bougon, snob, puits sans fond de culture général et taquin avec son staff, le secrétaire général qui fait « tampon » entre son boss et l’équipe, le secrétaire adjoint survolté et le directeur de la com’ austère, ajoutez à cette mixture les intrigues politiques et vous obtenez une palette de connaissances, de fous rires ou d’espérance. 

La saison deux de West Wing coïncidait avec l’arrivée de Georges W. Bush au pouvoir. Vous savez : ce Président qui pensait que la Pologne se situait en Amérique du Sud. À l’époque, un groupe de fans s’est réuni pour que le Président fictif Bartlet devienne le véritable Président… C’est dire l’effet qu’a pu produire la série sur ses spectateurs.

© NBC Television

© NBC Television

Aaron Sorkin a quitté l’aventure à la fin de la quatrième saison, et même si les trois saisons qui ont suivi son départ jouent un peu plus sur le côté « émotion et pédagogie », elles n’en demeurent pas moins de très bonne qualité. 

Studio 60 on the sunset strip 

Après s’être attaqué à la politique, Aaron Sorkin met en place l’envers du décor d’une grande émission de variétés. Nous retrouvons Bradley Whitford (Dannie Tripp, producteur exécutif) et Matthew Perry (Matt Albie, scénariste et producteur exécutif) qui se partagent la tête d’affiche de cette jolie mais trop courte série (une seule saison).  

Sorkin n’hésite pas à taper fort sur la droite chrétienne américaine à de nombreuses reprises au travers du personnage de Matt Albie. Pour donner le change, le créateur de la série a imaginé le personnage d’Harriet Hayes, bigote chrétienne interprété par Sarah Paulson, dotée d’un immense talent de comédienne et d’humoriste. 

Il convient de mentionner également Amanda Peet (Jordan McDeer, directrice des programmes), qui n’hésite pas à soutenir, contre vents et marées (donc contre le président de la chaîne et les annonceurs), le contenu satyrique de l’émission à l’encontre de la société américaine. 

 

The Newsroom 

La première saison ayant obtenu une large succès, la deuxième saison de la dernière série en date de Sorkin est actuellement diffusée aux États-Unis.

Aaron Sorkin a réussi un nouveau pari en mettant en place l’univers d’un journal télévisé.

Certains trouvent cette série largement en deçà des précédentes créations de Sorkin. Ses détracteurs y voient une bonne part d’auto-plagiat tiré de scènes de Studio 60 ou de West Wing et jugent que les personnages manquent de profondeur. Pour ma part, je trouve qu’en termes de qualité cette série est  moins bonne mais j’en comprend la raison, et cela explique également son succès. 

Tout comme Yves Calvi vulgarise parfois les réponses et les explications de ses invités, Sorkin fait de même avec les sujets abordés dans The Newsroom. Par ailleurs, il traite de la véritable actualité avec à peine un an, voire quelques mois de décalage. Nous prend-t-il tous pour des demeurés ? 

Non, je dirais simplement qu’il cherche à s’adresser au plus grand nombre. Et ça marche… 

La tête d’affiche de cette série est Jeff Daniels qui interprète le personnage de Will McAvoy, présentateur vedette de la chaîne d’information, qui là encore tape fort sur la droite chrétienne fondamentaliste et sur le mouvement du tea party. 

© Home Box Office (HBO)

© Home Box Office (HBO)

Cette année, Aaron Sorkin revient au cinéma. Auteur du scénario et producteur de The Politician, il en sera également, et pour la première fois, le réalisateur. L’occasion pour nous de juger l’étendue de ses compétences, en attendant son prochain projet télévisuel.

Sébastien d’Ornières

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Publié dans SÉRIES

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