Attila Marcel, de Sylvain Chomet

Note: 3,5/5

Paris, XXIème siècle. Paul vit avec ses deux tantes Anne et Annie. Puisqu’il est muet elles en ont fait un pianiste. Pourtant on ne peut pas dire qu’il s’exprime librement à travers son instrument. La raison de son mutisme n’est pas maladive mais psychologique : privé trop jeune de ses parents il concentre toute son énergie à rappeler le souvenir de sa mère aussi tendre que belle.

Crédit Photo : pathefilms.com

Crédit Photo : pathefilms.com

Cette mélancolie pour son enfance nous entraîne dans un Paris des années 80 où on trouve de tous les genres en enfilade dans le même quartier : punks, rockeurs, hippies, et catcheurs. Attila Marcel (le père de Paul) est le roi du quartier et du ring.

Paul ne se souvient de lui que par des regards distants et des grimaces de défi, alors à son tour il le néglige et le prive de ses rêveries.

Les rêveries, c’est aussi le domaine de Mme Proust ; une bouddhiste joueuse de ukulélé et herboriste à plein temps. Par ses infusions secrètes, elle ravive l’inconscient de ses patients. Certains y découvrent une passion refoulée, d’autres ravivent le souvenir d’un amour adolescent. Pour secouer le pianiste au regard triste qu’est Paul, elle lui propose de retrouver sa mère à travers ses yeux de bébé.

Invoquer les rêves est toujours un pari dangereux au cinéma ; mais Sylvain Chomet s’en sort admirablement bien. Il nous plonge dans cet univers dès l’ouverture du film et tient les promesses faites par les distributeurs. Les souvenirs de l’enfance regorgent de couleurs saturées et de soleils étincelants qui invitent à une mise en scène fantaisiste. Le réalisateur ne s’en prive pas et va au bout de son propos quitte à prendre quelques risques.

Puisque l’inconscient ne s’arrête pas, l’univers fantaisiste déborde dans le quotidien conscient de Paul. Que ce soit à travers les décors (l’appartement inattendu de Mme Proust), l’univers musical ou la construction des personnages, un esprit loufoque s’empare du film, et les amateurs de l’excellent Les triplettes de Belleville s’en frottent les mains.

Le tout est soutenu par un très bon quatuor d’acteurs : Guillaume Gouix, Anne Le Ny, Bernadette Lafont et Hélène Vincent, qui profitent de rôles fournis et intéressants.

Attila Marcel nous transporte dans son univers, ravive notre joie d’enfant et nous fait swinguer dans un sourire ; une belle tranche de tendresse et de poésie à partager.

Sortie cinéma le 30 Octobre 2013

Marianne Knecht

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Publié dans À L'AFFICHE, Octobre 2013

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